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editorial du 5 au 12 décembre

Les haut-parleurs médiatiques, les diffuseurs d’images durant toutes cette semaine, nous ont abreuvé d’information sur le discours de Nicolas S. au sujet de son plan de relance 26 milliards d’euros de l’économie française. Nous avons un peu moins entendu parler d’action plus que particulière dans les écoles. Des actions qui se multiplies dont nous pouvons prendre deux exemples cette semaine :
- à Grenoble, à l’école du Jardin de Ville. À 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l’école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture". À 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon. Ils y ont dormi. Le lendemain, ils ont été joints, tôt le matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui, rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. La CIMADE, seule association ayant le droit d’entrée dans les centres de rétention,a été prévenue et a décidé d’aller voir la famille le matin même. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour l’aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Ils ont été expulsés le matin même...

- Dans le Gers, des gendarmes et des chiens dans les écoles pour chercher des drogues ? Les élèves de 4e et de 3e du collège de Marciac, à qui le CPE (conseiller principal d’éducation) avait annoncé une rencontre avec les gendarmes sur les risques liés à la consommation de drogues, ont eu la surprise, de voir débarquer dans leur cour plusieurs gendarmes, accompagnés de chiens renifleurs. Quelques jours avant le collège de Marciac, c’est à l’école des métiers d’Auch que 16 gendarmes et 2 maitres-chien ont fouillé les élèves. À la gendarmerie de Mirande, on ne comprend pas l’émoi provoqué par cette "mission de contrôle." On nous apprend même que depuis le mois de janvier, 25 établissements ont été contrôlés dans le Gers. Partout le même scénario : attitude agressive des forces de l’ordre, pas de réponses aux questions, chien lâché dans les classes, fouille d’élèves mineurs....

Ces deux cas ne sont que des exemples de situations identiques et multiples sur tout le territoire Français. Certains pourraient dire qu’il s’agit là d’un élément parmi d’autre, pour redonner tous ses atouts à l’enseignement en France. Mais en même temps que constatons-nous :

- Dès la rentrée : le dispositif d’aides spécialisées aux élèves (RASED) en voie de disparition, avec le retrait programmé d’un tiers de ses effectifs (soit 3000 postes). Dans 3 ans, la fin d’un système, sans réelle évaluation, qui fonctionne depuis 19 ans.
- 6 000 postes supprimés pour 16 400 élèves en plus. L’Isère est le dernier département français pour ce fameux taux d’encadrement.
- Fin des IUFM avec la disparition des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, les jeunes enseignants seront directement dans les classes sans formation, après l’obtention du concours. Le dernier concours a lieu cette année ( mai 2009 ) - Dès la rentrée : les remplacements ne seront plus forcément assurés par des enseignants ; afin « d’optimiser » le fonctionnement des remplacements, des vacataires seront recrutés et iront dans les classes sans formation.
- La maternelle est gravement remise en cause : création des « jardins d’éveil » avec personnel non enseignant pour les enfants de 2 à 3 ans, payants pour les familles. Le Rhône sera dans les premiers départements à expérimenter ce dispositif à la rentrée prochaine.
- SERVICE MINIMUM D’ACCUEIL : Les collectivités locales sont contraintes d’organiser et de recruter pour le service minimum d’accueil, qui s’avère être impossible à mettre en place.
- Établissement Public d’Enseignement Primaire est géré par un chef d’établissement. Disparition des conseils d’école remplacés par un conseil d’administration de 13 membres, dont seulement 3 enseignants avec une place importante pour les élus locaux, donc des politiques, dans la gestion du fonctionnement et des orientations pédagogiques. Disparition des écoles de proximité, fermeture de classes. L’Association des Maires de France s’est positionnée contre en 2006, mais la loi sera examinée en janvier 2009 et appliquée à la rentrée 2009.
- ....

L’ensemble des éléments que nous venons de parcourir, auquel il est possible d’ajouter, le changement juridique pour les mineurs, illustre une cohérence, une stratégie en direction de l’enseignement et de la jeunesse. Les interventions policières musclées, l’incarcération des enfants, la destruction de l’enseignement, la prise en main des médias, la chasse aux étrangers.... au regard de l’histoire des civilisations et des idéologies, ne présage rien de bon. Et ce n’est pas une rencontre avec le Dalaï-Lama qui apportera un changement...

E.L

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